Louise Rémillard : une ascension toute québécoise

Par Valérie Vézina

Louise Rémillard rêvait de devenir journaliste. Son père l’en a dissuadé. Comme lui, elle devait consacrer une grande partie de sa vie au négoce (et cela semble lui avoir réussi). Elle attribue son succès en affaires à son intégrité et à son franc-parler.

Plus jeune Louise Rémillard a enseigné le français langue seconde à de jeunes adultes. Puis elle est devenue mère de trois enfants. Elle a suivi une formation d’agent de voyage peu de temps après la naissance de son fils Carl, devenu, des années plus tard, son partenaire dans Profusion Immobilier.

Louise Rémillard

Louise Rémillard

Cette agence québécoise est affiliée à Christie’s, la plus ancienne maison d’encan au monde. C’est devenu un joueur incontournable dans le marché résidentiel de prestige, à Montréal surtout, un peu aussi en banlieue.

Récemment les courtiers de Profusion Immobilier ont arraché des parts de marché à d’autres courtiers établis de longue date à Westmount – où Profusion a établi son siège social – en réalisant 33 % des ventes de copropriétés de plus 700 000 $ dans cette ville cossue, en 2011. «Une propriété sur quatre, à Westmount, est inscrite et/ou vendue par un courtier de Profusion», indique l’entreprise, dans sa brochure promotionnelle.

Le sens des affaires de Rémillard ne date pas d’hier. Son sens du «timing» non plus. À preuve : elle avait acheté une agence de voyage en 1979. Elle l’a vendue en 1995 parce qu’elle sentait déjà que «le marché allait changer» (avec la percée d’Internet). C’est alors qu’elle a décidé de devenir courtière en immobilier. À propos de ce changement de cap, la femme d’affaires confie qu’elle l’a fait parce qu’elle ne voulait plus avoir d’inventaire à gérer, ni de comptes recevables à administrer.

Elle a fait ses classes chez Royal LePage, dans les Laurentides, territoire de collines et de vallées au nord de Montréal. « Je ne voulais pas commencer dans les ligues majeures », dit Rémillard.

Les craintes que cette francophone avait exprimées tout haut lors d’une assemblée de l’OCAIQ (sur la façon de remplir les contrats de courtage) avaient attiré l’attention du directeur d’un bureau corporatif de Royal Lepage. Cet homme l’avait convaincue de revenir  à Montréal.

Après neuf ans passés chez Royal LePage, elle a fait un bref passage chez Sotheby’s. Une expérience non concluante : chaque soir, elle rentrait malheureuse chez elle. Il devait y avoir quelque chose de mieux à faire de sa vie, et à force de ruminer, elle a pris la décision… d’aller rencontrer le compétiteur Christie’s, à New York !

Rémillard se souvient bien de ce jour-là. Elle était nerveuse mais déterminée. À l’intérieur du siège social de Christie’s, au  Rockefeller Center, une reproduction géante d’une propriété de luxe attirait apparemment l’attention des visiteurs. Une maison affichée à quelque 125 millions de dollars… ? Ce serait dans la poche pour 99 millions ! «J’ai fait une blague sur le prix de la maison, pour détendre l’atmosphère.» Ce sens de la repartie lui a attiré la sympathie de la dame qu’elle devait persuader de s’unir à elle ; leur partenariat dure depuis trois ans.

Le contexte de 2008 n’était pas facile, avec la crise financière mondiale et la débandade de Lehman Brothers aux États-Unis. «Partout dans le monde, le marché s’est mis à chuter. Il s’est repris depuis… Mais les premiers mois, nous étions inquiets. En avril 2009 il n’y avait pas beaucoup de propriétés sur le marché», relate Rémillard.

Cette Québécoise a dû ramer contre vents et marées. Encore une fois. Elle raconte sa stupéfaction quand un banquier lui avait expliqué comment elle représentait le plus grand risque à ses yeux, à cause de ses statuts de «femme divorcée», «monoparentale» et «entrepreneure»…

«Heureusement, il n’y a pas eu de surendettement ici», conclut-elle, à propos de l’épisode des subprimes aux États-Unis. Il y a eu un boom local de la construction et une baisse des taux d’intérêt au Canada. Ce dernier élément a certainement contribué à la croissance de son «bébé».

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4 commentaires pour “Louise Rémillard : une ascension toute québécoise”

  1. isabelle chabot says:

    Magnifique Mme Rémillard,très enrichissant de lire cet article. Merci

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  2. Suzanne Allard says:

    Bonjour Louise, je te félicite pour ton succès. Amicalement Suzanne.

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  3. Hélène DeSerres says:

    Bravo Louise, c’est une belle reconnaissance de ton travail, ta persévérance et tes succès !

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  4. Monique McGregor says:

    Bravo Mme Louise pour votre grand succès..

    J’ai connu votre père, il avait investi dans notre bannière Le Permanent
    à l’époque, dirigé par M. Pierre Patry..

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